SOS OXALIS
Il y a quelques années, j’avais prêté mon potager, trop pris par mes obligations professionnelles. En arrivant en retraite, voyant qu’il était retourné à la friche, je l’ai repris.
Plein de courage, je l’ai défriché (un travail de romain sur mille mètres carrés avec des herbes d’un mètre de haut, des bâches plastiques, des morceaux de ferraille et j’en passe), labouré, semé en moutarde en fin d’été. L’année dernière, après un labour de printemps pour enfouir l’engrais vert et une bonne couche de vieux fumier que j’avais mis de côté en prévision, j’ai commencé à planter et à semer. Au début, tout s’est bien passé. Puis vers le mois de mai, j’ai vu apparaître une plante que je ne connaissais pas (pourtant j’ai été maraîcher pendant quinze ans et les mauvaises herbes j’en ai vu beaucoup !)
Ca ressemblait à du trèfle et pourtant c’était bien différent. Au premier sarclage, je me suis aperçu qu’au bout des racines, il y avait une toute petite boule rouge. Et puis ensuite, la boule a donné d’autres boules et c’est par touffes que la plante mystérieuse envahissait mes plates bandes. En juin, je suis parti en vacances et en rentrant tout était recouvert d’un tapis vert uniforme d’où émergeait à peine la cime des haricots.
Alors, je me suis documenté et sur internet j’ai appris que mon ennemie portait le joli nom d’oxalis. De vieux paysans m’ont confirmé qu’on l’avait déjà rencontrée dans des terres nouvellement défichée et qu’on l’appelle en breton trichin logod (l’oseille des souris) ce qui est moins poétique mais correspond bien à son goût acide. Tout le monde s’accordait pour dire qu’elle est terriblement envahissante et difficile à éradiquer. J’ai passé tout l’été à arracher sans grande victoire. Quinze jours après, on était revenu à la case départ.
L'oxalis semble sensible à la rouille, mais y survit quand même et peut-être même contribue à la propager.
Cette année, aidé de Maryvonne, bêcheuse émérite, nous avons passé chaque centimètre carré « à la pince à épiler » en pure perte. Nous avons récolté des poubelles entières de bulbes et trois semaines après, le secteur était à nouveau envahi.
Un seul bulbe perdu et c'est dix plants qui surgissent !
Je suis mauvais joueur, j’ai horreur de perdre ! Mais là, je pense franchement que cette plante triche. Avoir une telle capacité d’envahissement, ce n’est pas du jeu. Ca me fait penser aux films d’horreur, Allien, la bête qu’on croyait avoir trucidée, telle l’Hydre de la mythologie, ressuscite encore plus menaçante. De quoi en faire des cauchemars la nuit après avoir passé la journée à extraire ces horribles bulbes en forme de pieuvre.
De remèdes, il n’y en a guère . Les solutions chimiques ne semblent pas efficaces et de toutes façons sont un remède pire que le mal au potager. J’ai découvert sur internet des recettes miraculeuses ( l’eau bouillante qui a servi à cuire les patates et autres fariboles!) Sur mille mètres carrés, c’est mission impossible. Il reste qu’on ne voit jamais d’oxalis dans les pelouses. Je vais donc tenter de semer du gazon à l’automne prochain et en tondant le plus souvent possible attendre que le monstre périsse.
En attendant, j’arrache simplement les tiges à pleine poignées pour pouvoir récolter mes légumes et complètement dégoutté je ne sème plus rien.
L’année prochaine, je déménage. J’ai un potager à créer à Kervouroc, je vais commencer plus tôt que prévu en espérant que l'infection ne se propage pas jusque là.
Est-ce que quelqu'un connait une solution efficace ?