Naissance d'une île
Toutes les îles de Polynésie sont nées dans les entrailles de la terre. Un point chaud perce le fond sous-marin, quatre mille mètres sous la surface de l'océan Pacifique. Des éruptions se succèdent pendant des siècles avant que le volcan n'atteigne la crète des vagues. Il mesure déjà la hauteur du Mont Blanc. Il va encore grandir, puis s'éteindre. La plaque océanique s'est déplacée avec la dérive des continents et le point chaud a déjà commencé à percer plus loin. Ainsi naissent les archipels.
Sitôt né le volcan commence à se désagréger sous l'effet de l'érosion. Les pluies le rongent et ouvrent des failles dans ses flancs. Pendant ce temps les coraux se sont installés. En empilant jour après jour leur fragile carapace, ils bâtissent une muraille calcaire tout autour de l'île : le récif. En arrêtant la grande houle du Pacifique, le récif corallien isole une étendue d'eau calme : le lagon. En face des rivières l'eau douce décourage la pousse des coraux. Une passe reste ouverte. Les îles les plus récentes n'ont pas encore de lagon. Dans les plus anciennes, le volcan a entièrement disparu, il ne reste que le lagon. On appelle ce type d'île un atoll. Les courants et les cyclones accumulent du sable et du corail mort pour former des îlots dans le lagon : les motus. Seuls les cocotiers parviennent à y pousser.