Bouddhisme
Si la religion est l'opium du peuple, les Birmans sont totalement shootés au bouddhisme. L'enseignement du Bouddha dit qu'il faut se détacher des choses matérielles. La pratique est pourtant tournée vers l'argent et même vers l'or qu'on colle en fine feuilles sur les idoles. Pour les parrains du régime c'est une façon de se faire pardonner leurs turpitudes en faisant cadeau à la pagode d'une partie de l'argent qu'ils ont volé. Pour les pauvres gens c'est un sacrifice qui coûte.
Pour un occidental, il y a quelque chose de choquant de voir tant de moyens gaspillés pour construire la statue la plus haute, la plus dorée, la plus kitch, d'un bouddha qui n'est même pas un dieu, juste un philosophe qui ne demandait qu'à être imité, dans un pays qui manque cruellement d'écoles et d’hôpitaux. Pourtant il y a une véritable frénésie de constructions monumentales et à l'entrée de chaque village, un stand de quêteurs pour l'édification d'une nouvelle pagode.
Il est indéniable cependant que ce culte est populaire et qu'il ne viendrait à l'idée de personne de douter. Pour s'acquérir des mérites et s'assurer d'une meilleure réincarnation dans une prochaine vie chacun se prête aux rites compliqués et strictement codifiés par une pratique plus de deux fois millénaire. Le temple est balayé et lavé chaque soir par une armée de balayeurs volontaires qui ainsi échappent à une réincarnation infamante sous forme de vers de terre.