Les roses du potager
Cette année le potager de Kervouroc est à peu près présentable. La faute au temps sec qui a ralenti la pousse des adventices. Vous remarquerez que je manie à merveille la novlangue : on ne dit plus mauvaise herbe, mais adventice...aveugle devient non-voyant, ce qui ne lui rend pas la vue, pas plus que les adventices ne cessent d'étouffer les légumes. En Breton où la révolution sémantique n'a pas encore eu lieu, on dit louzou pour les bonnes comme les mauvaises herbes. Louzou a également le sens de médicament (logique, autrefois on se soignait avec des herbes) Voilà donc une langue qui a du respect pour les adventices, sauf que dans louzou, il y a louz qui veut dire sale.
Pour adoucir mon image d'indécrottable paysan, exterminateur d'herbes qui auraient pu devenir bonnes si elles n'avaient pas eu le malheur de germer au milieu de ma planche de radis, j'ai entouré le potager en carrés rectangulaires d'une haie de rosiers.
A gauche en entrant (ou à droite en sortant) le treillage est maintenant couvert de roses simples et légères d'allure campagnarde: de petits lavender dream (boutures faites directement en place), guirlande d'amour, un grimpant créé par Louis Lens, tout blanc, entrelacé dans la barrière et un petit nouveau tout rouge que personne ne se souvient avoir planté (génération spontanée ou début d'Alzeimer ?)
Sur l'arche, deux rosiers de chez David Austin : Gertude Jekyll, climbing qui ne se décide pas à grimper et The generous gardener, moins généreux ici que son frère jumeau qui tapisse tout un mur de la maison. Il faut dire qu'à cet endroit, nous sommes dans l'argile pure et que l'apport de compost sur le sol ne vaut pas un travail en profondeur. Trop tard maintenant que les racines sont installées.
De l'autre côté, deux ravissantes anglaises (toujours de chez David Austin): Munstead wood et Stropshire lad. Elles trouvent là l'abri du mur de la serre et un sol toujours humide, une situation qui semble leur convenir maintenant qu'elles sont bien installées.