mon jardin secret (2)
Il y a deux données à priori incontournables à respecter pour créer un jardin: le sol et le climat. On peut toujours améliorer un sol en surface, on ne modifiera jamais, à moins de travaux pharaoniques, sa nature profonde. Quant au climat, il faut bien s'y adapter.
En dehors de ça notre liberté de création est totale. Tous les styles sont possibles à condition de choisir les plantes qui s'adaptent à la terre et au climat.
.
Quand j'ai planté mon premier jardin en 1971, je crois que je n'avais jamais encore observé de près un jardin digne de ce nom. Mon expérience se limitait au potager familial qui n'avait rien de décoratif. Ce premier jardin était simplissime: quelques mètres carrés de pelouse autour de notre maisonnette de jeunes mariés avec un dallage de pierres devant la porte et un bouleau près du vieux puits. Tout est toujours en place aujourd'hui, mais nous avons déménagé plusieurs fois depuis.
En 1976, juste après la grande sécheresse, J'ai commencé mon deuxième jardin, beaucoup plus ambitieux. En y repensant aujourd'hui, je m'interroge sur la façon obsessionnelle dont je reproduis éternellement le même schéma : Au fond un rideau d'arbres et d'arbustes en demi lune qui estompe les limites et arrondit la parcelle, au centre une grande pelouse avec un bassin en pierres rappelant les lavoirs de nos grand-mères.
Depuis, j'ai visité beaucoup de jardins (surtout depuis que je suis en retraite) J'ai beaucoup lu, beaucoup réfléchi. Je n'ai toujours pas choisi un style. Je copie souvent un détail, une association de plantes, une scène. A Ti Gwenn, commencé il y a plus de dix ans, je suis resté assez fidèle à mon premier plan. Chez ma fille à Kervouroc, avec deux hectares, j'ai du m'adapter, mais on retrouve le rideau d'arbre et le bassin (avec un étang en prime). A croire que je suis fasciné par l'eau