Marie Pellen (1867-1940)

Publié le par 7jardins

Marie Pellen (1867-1940)

C'était mon arrière-grand-mère. Nous nous sommes manqués de quelques années. Je ne l'ai donc jamais connue, mais mon père m'a souvent parlé de sa grand-mère, la bonne fée si accueillante de la ferme de Ti Gwenn, baignée par la mer. Par grande marée, on disposait un tas de fumier devant la porte pour empêcher l'eau d'entrer dans la maison. On ne pouvait pas y élever de canards car les canetons finissaient tous par être entrainés au large par le courant. Et il ne fallait pas rater l'heure de la marée pour rentrer avec les chevaux sous peine de revenir à la nage. Pour aller en ville, on prenait le canot. D'ailleurs mon arrière grand-père était le passeur officiel et il avait la charge de faire traverser les simples paysans comme les belles dames venues profiter des bains de mer. Et pas de moteur, tout à la godille.

Moi aussi, je garde de merveilleux souvenirs d'enfance de cette maison du bonheur. A chaque vacances, je filais voir mes grand'tantes qui habitaient toujours là. C'est là que j'ai appris à nager, à godiller, à vivre au gré des marées. C'est avec ma tante Léonie et son chien Bobi que j'ai appris à pêcher, à marée basse, les palourdes et les coques en reconnaissant leurs "yeux" brillant dans le sable. Avec mon copain Jean-Michel, nous avions récupéré l'épave d'un vieux canot qui trainait là. Avec du goudron coulé à chaud nous avions presque réussi à colmater les brèches et à le faire flotter. Enfin, pour le faire naviguer, il fallait être deux: un qui godillait pendant que l'autre écopait l'eau qui s'engouffrait par toutes les fissures. Les enfants d'aujourd'hui n'auront jamais la chance de vivre de telles aventures. Le principe de précaution est passé par là.

Marie Pellen (1867-1940)
Marie Pellen (1867-1940)
Marie Pellen (1867-1940)
Marie Pellen (1867-1940)

Marie Pellen s'est marié à dix-huit ans. Elle a eu dix sept enfants. Six sont morts en bas âge. La vie était rude en ce temps-là. Elle a été mère et grand mère la même année pour la naissance de sa dernière fille Juliette (Tante Iette).

Marie Pellen (1867-1940)

 

L'histoire de la ferme de Ti Gwen est émaillée de deuils. Jean-Marie Pellen s'y installe avant son mariage avec Françoise Trébaol de Kérinou en 1832. (Il est né au Conquet en 1796).  Ils ont un fils, Vincent, né en 1836. Jean-Marie meurt en 1842 à 46 ans. Comme il faut un homme à la ferme, sa veuve épouse François Mazé de Lamber. Puis Vincent se marie avec Marie Jeanne Méneur de Lanfeust. Ils ont une fille, Marie. Vincent décède en 1878, à 42 ans. Comme il faut un homme à la ferme, et peut-être (on l'espère) qu'elle est amoureuse du beau goëmonier qui a pendu son hamac dans le grenier, elle épouse en 1885, à dix-huit ans seulement, ce qui est jeune pour l'époque, Jean Larsonneur, 26 ans, natif de Ploudaniel.

Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, comme dans les contes de fées. Nous arrivons maintenant à la sixième générations de leurs descendants, ce qui doit faire pas mal de gens, disséminés sur toute la terre. Il y a un député, un footballeur, beaucoup de marins et une foule d'anonymes. Peut-être qu'il faudra un jour se réunir pour célébrer le centenaire de la disparition de Marie Pellen en 2040. J'espère en être.

Marie Pellen (1867-1940)
Marie Pellen (1867-1940)
Marie Pellen (1867-1940)
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Marie Pellen (1867-1940)

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